mercredi 9 septembre 2026

Γεια σου; Αγάπη μου


 

EN LARGUANT 200 000 BARILS DE DÉCHETS RADIOACTIFS DANS L'ATLANTIQUE, LES AMÉRICAINS ET FRANÇAIS ONT PEUT-ÊTRE CHAMBOULÉ LES ÉCOSYSTÈMES MARINS

Plus de 200 000 fûts de déchets radioactifs gisent dans les abysses de l'Atlantique Nord-Est. La mission NODSSUM du CNRS a plongé à leur contact et découvert des conteneurs éventrés

EN BREF
  • En mai 2026, le CNRS a envoyé le submersible Nautile inspecter des déchets radioactifs enfouis à 4 700 mètres dans l'Atlantique Nord-Est.
  • Plus de 200 000 fûts de déchets radioactifs reposent depuis les années 1950, certains laissant échapper leur contenu sur les sédiments.
  • Découvrez comment la faune abyssale s'adapte à ces conditions extrêmes et les implications pour l'environnement marin

    En mai 2026, le CNRS a envoyé le submersible Nautile inspecter des déchets radioactifs enfouis à 4 700 mètres dans l'Atlantique Nord-Est. Plus de 200 000 fûts y reposent depuis les années 1950. Certains laissent échapper leur contenu sur les sédiments. La radioactivité mesurée reste faible mais dépasse les seuils attendus, et les chercheurs veulent déterminer si la faune des abysses est affectée.

    200 000 fûts de déchets radioactifs au fond de l'Atlantique

    Entre 1949 et 1990, plusieurs pays européens ont immergé des conteneurs remplis de matières radioactives dans les plaines abyssales. Le Royaume-Uni a mené la majorité de ces opérations. La Belgique et la France ont suivi. Au total, quatorze pays ont participé à ces largages dans différents océans. La zone principale couvre environ 14 500 km² dans les eaux internationales, entre 3 000 et 5 000 mètres de profondeur. Les matières avaient été piégées dans une matrice de béton ou de bitume avant l'immersion


    Ces cylindres métalliques devaient assurer un confinement d'environ vingt ans. La décroissance naturelle des isotopes devait neutraliser la radioactivité, un pari sur le temps. Personne ne prévoyait de remonter les barils une fois posés sur le fond. La stratégie comptait sur l'océan pour diluer les résidus de déchets radioactifs après dégradation, d'après le communiqué de la Flotte océanographique française.

    Adoptée en 1972, la Convention de Londres a progressivement restreint les immersions en mer. La pratique a cessé en 1993. Les fûts reposaient au fond sans aucune surveillance depuis des décennies, et aucun programme de suivi n'avait accompagné les opérations de largage menées dans les eaux profondes


    Le Nautile plonge au contact des déchets radioactifs

    Grâce au robot autonome UlyX, la campagne NODSSUM de juin 2025 a scanné le fond marin pour la première fois. L'engin a localisé 3 355 barils. Ils étaient répartis sur 163 km², soit à peine 2 % de la surface de largage. Une trentaine de chercheurs ont participé à cette phase de repérage à bord du navire océanographique L'Atalante.

    Du 27 mai au 28 juin 2026, une seconde campagne a embarqué 30 personnes à bord du Pourquoi Pas. Le submersible a effectué 20 plongées et photographié environ 50 fûts de près. Beaucoup présentent une corrosion sévère. De la matière contaminée s'est répandue sur les sédiments. Les mesures effectuées sur site révèlent des niveaux de radioactivité supérieurs aux prévisions, sans toutefois constituer un événement majeur.








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